La construction neuve s’apprête à franchir un nouveau cap environnemental. À partir du 1er janvier 2028, la maison RE 2028 devra répondre à un nouveau palier de la RE2020, avec des exigences renforcées pour réduire notamment l’empreinte carbone des matériaux et des équipements. Cette évolution poursuit la trajectoire engagée depuis 2022 : construire des logements moins énergivores, moins émetteurs de gaz à effet de serre sur l’ensemble de leur cycle de vie et plus confortables lors des fortes chaleurs. Quelles exigences devront respecter les futures maisons et quels changements anticiper pour votre projet de construction ?
La RE2028 n’est pas une nouvelle réglementation, mais une nouvelle étape de la RE2020, appliquée aux logements neufs depuis 2022. La réglementation suit une trajectoire progressive, avec des seuils renforcés en 2025, 2028 puis 2031, afin de réduire progressivement l’impact environnemental des constructions.
Pour les permis de construire déposés à partir du 1er janvier 2028, les maisons individuelles comme les logements collectifs devront ainsi répondre à des exigences plus fortes en matière d’empreinte carbone, de consommation énergétique et de confort d’été. Cette évolution doit également favoriser des matériaux et des procédés constructifs moins carbonés, tout en préparant les logements aux conséquences du changement climatique.
L’un des principaux changements concerne l’Ic Construction, l’indicateur qui mesure l’impact carbone des matériaux, des équipements et du chantier sur le cycle de vie du bâtiment. Pour une maison individuelle, sa valeur de référence passe de 640 kg éq. CO₂/m² en 2022 à 530 en 2025, puis 475 en 2028, avant un nouveau palier à 415 en 2031. Cela représente une baisse d’environ 26 % entre 2022 et 2028. Pour les logements collectifs, la valeur évolue de 740 kg éq. CO₂/m² en 2022 à 580 en 2028, soit une diminution proche de 22 %. L’Ic Énergie, qui mesure les émissions liées aux consommations énergétiques pendant l’utilisation du bâtiment, complète cette approche. Les seuils réellement applicables à chaque projet peuvent toutefois évoluer selon les modulations prévues par la réglementation.
Avec la RE2020 et son palier 2028, la performance d’une maison ne se mesure plus uniquement à l’énergie qu’elle consommera une fois habitée : son impact est étudié sur l’ensemble de son cycle de vie.
Le choix d’un matériau ne dépend donc plus seulement de ses performances thermiques. Son empreinte carbone globale entre également dans l’équation dès la conception de la maison.
Le renforcement de l’Ic Construction encourage naturellement le recours à des matériaux présentant une empreinte carbone réduite. Le bois peut par exemple être employé en ossature, en poteaux-poutres ou sous forme de panneaux, avec l’intérêt de stocker temporairement du carbone biogénique et de permettre des systèmes constructifs relativement légers.
D’autres solutions comme le chanvre, la paille, la ouate de cellulose, les isolants biosourcés ou encore certains bétons bas carbone peuvent contribuer à réduire l’impact d’un projet. La RE2028 n’impose toutefois pas une proportion fixe de matériaux biosourcés : c’est la performance environnementale globale de la construction qui doit respecter les seuils fixés.
Réduire l’empreinte d’une maison passe également par la manière dont les ressources sont utilisées sur le chantier. Réemploi de certains matériaux, recyclage, réduction des déchets, optimisation des quantités ou recours à des filières locales adaptées constituent différents leviers.
La préfabrication et la construction hors site peuvent aussi participer à cette démarche en permettant de mieux maîtriser les besoins en matériaux, de limiter certaines pertes et d’organiser plus précisément les différentes étapes de construction. Elles peuvent également contribuer à raccourcir la durée d’intervention sur le chantier.
Pour construire une maison RE 2028, une grande partie de la performance se joue avant même le début du chantier. Une forme de maison relativement compacte, une orientation cohérente avec le terrain, une répartition réfléchie des ouvertures et une bonne maîtrise des apports solaires permettent de réduire naturellement les besoins énergétiques. À cela s’ajoutent une isolation performante, le traitement des ponts thermiques et le dimensionnement adapté des équipements.
Plus ces paramètres sont intégrés tôt dans la conception, moins il est nécessaire de multiplier ensuite les solutions techniques pour atteindre les performances recherchées.
La RE2028 prolonge également la recherche de sobriété énergétique engagée avec la RE2020. Selon la maison, son implantation et les besoins de ses occupants, différentes énergies renouvelables peuvent être envisagées : panneaux photovoltaïques, solaire thermique, solutions géothermiques ou autres systèmes adaptés au projet. Produire une partie de l’énergie directement sur place peut contribuer à réduire les besoins provenant du réseau et les émissions associées à l'utilisation du logement.
Les maisons à énergie positive s’inscrivent dans cette évolution du secteur, sans pour autant constituer une obligation généralisée liée au seul palier 2028.
Une maison performante doit consommer peu en hiver, mais également rester agréable à vivre lorsque les températures extérieures augmentent. La RE2020 intègre déjà cette problématique à travers l’indicateur de degrés-heures (DH), qui évalue l’inconfort lié aux périodes de chaleur.
Plusieurs choix de conception peuvent limiter la surchauffe :
L’enjeu est de maintenir une température intérieure confortable sans dépendre systématiquement de la climatisation, notamment pendant les épisodes de fortes chaleurs.
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Construire selon des exigences environnementales renforcées peut entraîner un surcoût initial, dont l'ampleur dépend fortement du projet. Certaines estimations évoquent une hausse pouvant atteindre 5 à 15 %, mais il ne s’agit pas d’un surcoût réglementaire automatique applicable à toutes les maisons.
Le choix de certains matériaux bas carbone, les études environnementales, l’évolution des techniques constructives, les équipements énergétiques ou encore les tensions sur certaines filières peuvent peser sur le budget. À l’inverse, une maison pensée dès le départ autour des exigences réglementaires permet de rechercher le meilleur équilibre entre coût de construction et performance.
Anticiper reste l’un des meilleurs moyens de maîtriser le budget d’une maison RE 2028. Une forme simple et compacte, une conception bioclimatique intégrée dès les premiers plans, des matériaux choisis selon leur rapport entre coût et performance carbone ainsi que des équipements correctement dimensionnés permettent d’éviter certaines dépenses. La préfabrication, la réduction des déchets ou le réemploi, lorsqu’il est adapté au projet, constituent d’autres pistes. À plus long terme, la diminution des consommations énergétiques peut également contribuer à amortir une partie des investissements réalisés lors de la construction.
La trajectoire ne s’arrêtera pas en 2028. Un nouveau palier est prévu en 2031, avec une nouvelle diminution des valeurs de référence de l’Ic Construction. La construction neuve continuera ainsi à évoluer vers des bâtiments moins carbonés, plus sobres en énergie, faisant davantage appel aux matériaux à faible impact et au réemploi, tout en étant mieux préparés aux conditions climatiques futures.